LabCitoyen 2015 : experiences

LabCitoyen propose aux jeunes (18-25 ans) engagés dans les questions de citoyenneté un séjour autour des grandes thématiques des droits de l’Homme à travers une série de conférences, débats, tables rondes et ateliers.
Élaboré en vue de l’organisation à Paris de la COP21, l’édition 2015 de LabCitoyen a pour thème « Les droits de l’homme face aux défis de l’environnement ».
Du 5 au 15 juillet 2015, 81 jeunes du monde entier se sont rassemblés à Paris pour la 3e édition de Labcitoyen. Parmis eux, deux représentantes de la Serbie qui ont candidatées auprès de l’Institut français de Serbie pour joindre ce programme : Dragana Cetković et Tara Petrović.

De retour en Serbie, nous revenons avec elle sur leurs impressions :

Pourquoi as-tu appris le français ?

D. Etant donné que je suis étudiante de la langue et la littérature française, les moments de commencements de l’apprentissage sont assez éloignés dans ma mémoire. En effet, c’était la langue française qui m’a choisie: à l’époque, à l’école élémentaire j’étais dans la classe 3 qui signifiait avoir le français comme langue obligatoire. Je continuais l’apprentissage dans le lycée philologique spécialisé pour les langues afin de le choisir comme ma vocation. Et pourquoi ? Il suffit de mentionner que la langue française est la langue des relations internationales, la langue d’une civilisation magnifique, une optique et manière de pensée assez unique et spécifique, porteuse du patrimoine littéraire et historique à l’échelle globale.

T. Pour moi, j’ai commencé à apprendre le français quand j’avais sept ans. Donc, j’ai grandi en étant entourée par la langue et la culture française. Mais ce qui m’a motivée à reprendre les études de langue même à l’université est l’importance inestimable de la langue française dans les domaines du droit international ainsi que la diplomatie.

Pourquoi as-tu candidaté au concours LabCitoyen ?

D. S’insérer comme acteur responsable dans les différentes sphères sociales, les sphères inter liées comme le sont le droit, la protection environnementale et le développement durable, signifie avoir un impact tout particulièrement visible dans la société. Dans un contexte de mutations socio-économiques importantes qui contribuent à l’émiettement de la société, on assiste depuis déjà de nombreuses années à la montée d’un nouvel impératif pour les individus : se comporter comme des personnes responsables vis-à-vis des autres, de la société. Afin de pouvoir mettre en œuvre ma motivation et ces notions abstraites, c’est-à-dire initier les jeunes de la communauté locale à la prise de conscience et à l’action à travers l’éducation, je voulais enrichir mes connaissances en suivant les témoignages et interventions des participants et des maitres de conférence durant le programme.
T. Le programme LabCitoyen m’a offert l’opportunité de mettre à profit pas seulement ma connaissance de la langue française, mais aussi toutes les connaissances que j’ai acquis en tant qu’ étudiante de droit, notamment sur les droits de l’homme, et c’est ça qui m’a fait candidater.

Qu’as-tu appris pendant le programme ? Que retires-tu de cette expérience ?

D. Premièrement, les ateliers et discussions assez enrichissants représentent les pistes de réflexion pour le futur travail et futures recherches. L’apprentissage et les échanges durant le programme étaient permanents, ils se déroulaient en deux sens : la partie formelle pendant les ateliers et la partie informelle entretemps.
Les moments distinguables que je retirerai de cette expérience sont ceux de la visite de la forêt de Fontainebleau. Le guide nous a montré un exemple simple, mais illustratif : La comparaison de notre terre avec notre corps. L’augmentation de température de deux degrés de notre corps signifie que nous sommes malades, cela est valable pour la terre et nous en sommes témoins, témoins de réchauffement climatique, cette maladie terrestre globale. Et nous, jeunes leadeurs de nos pays respectifs, nous étions réunis dans cette lutte pour donner le meilleur à notre échelle. Nous étions réunis de liens assez forts d’amitié rare, amitié qui ne connait pas de limites et notre réseau est la promesse de synergie de ce combat éternel.
Je profiterais cette occasion pour remercier L’Institut Français de Serbie pour cette possibilité assez unique de passer dix jours pleins d’activités et d’échanges parmi les jeunes de 51 pays, mais aussi dix jours pleins d’émotions et d’amitiés. Je profiterais aussi de cette occasion pour éprouver ma reconnaissance pour la possibilité d’être l’ambassadrice en deux sens : l’ambassadrice de mon pays en France, mais aussi porteuse de liens en Serbie avec la France.
T. Ce qui a rendu ce programme si inoubliable, c’était l’abondance des différents pays faisant partie. Même si le programme n’avait pas inclut le privilège de participer aux séances thématiques avec les invités distingués, apportant une expertise enviable sur les sujets divers liés à la problématique du changement climatique imminent, juste avoir l’opportunité d’échanger des avis et des expériences avec des jeunes venant du monde entier, ça serait une éducation unique et précieuse. Par exemple, dans mon groupe, nous avons eu des participants venant de cinq continents différents, réunis tous par un sujet d’études commun.

Quel est ton meilleur souvenir ?

D. Le vol de Paris à Belgrade était un vol de souvenirs. Les souvenirs… Il y en a beaucoup, chaque jour était une nouvelle histoire. Mais les meilleurs (parce que je ne pourrais pas choisir un) sont les suivants: le travail en groupe, la préparation et la mise en scène de notre petite vidéo; le diner international lorsque tout le monde a préparé et apporté les plats traditionnels (je dois avouer que j’aime bien la cuisine de la Corée du Sud et du Sénégal) et lorsque tout le monde a appris le nouveau mot Živeli ! (Sante !) en essayant de boire une gorgée de rakia; puis les visites partout dans Paris : Montmartre, Louvre, Musée de la découverte, la Tour Eiffel…, les câlins d’ « au revoir et à bientôt » le dernier jour avec la promesse d’une prochaine rencontre…
T. Franchement, c’était une expérience tellement impressionnante que c’est difficile de choisir qu’un moment. Pourtant, si je dois le faire, le dernier jour, quand on a eu l’opportunité de voir le résultat final de nos travaux- cela était vraiment émouvant. En général, la clôture du programme, comme une culmination de 10 jours magnifiques, c’était un moment très joli.

Avant de partir tu étais déjà active dans le domaine de la protection de l’environnement, est-ce que le programme LabCitoyen a changé quelque chose ?

D. Oui, je faisais partie de différentes actions et projets, parmi lesquels je mentionnerais GREENPASS -Sustainable learning experience, “All different-all equal” projet sur les mouvements verts, participation civique et engagement des parties vertes au niveau européen. Les thèmes abordés : la démocratie, le respect des droits et l’importance des actions conjointes afin de promouvoir le développement durable et les quatre valeurs de la démocratie verte (solidarité, pacifisme, environnement et démocratie) ; puis Programme Jeunes en action : Nous et la nature, une histoire qui ne finira jamais (Youth In action program exchange We and nature, a never ending story ) projet dont le but était de réunir et éduquer les jeunes activistes, leadeurs dans ses régions, pour les introduire aux sujets environnementaux, développement durable, utilisation des ressources renouvelables, pour les encourager à créer les campagnes et réaliser les projets.
Les échanges d’expériences et les interventions de participants venant de différents pays du monde durant le programme LabCitoyen nous ont permis de voir la réalité vécue dans presque chaque région de chaque continent, ce qui était assez unique et important. La qualité du programme, l’approche pluridisciplinaire et la dimension transculturelle de la problématique m’ont motivé à donner de mon mieux pour la réalisation de mon initiative qui consiste en la transmission des savoirs et savoir-faire dans le domaine de la protection de l’environnement.
T. En approchant ce programme, j’étais pleine d’espoir en anticipant les décisions qui seront prises pendent la durée du COP 21. Venant d’un point de vue d’un juriste, je croyais aveuglément en le pouvoir de changer que possède une législature stricte et précise. Maintenant, après mes expériences dans le programme LabCitoyen, notamment notre réalisation d’une reportage sur l’accès à l’eau, particulièrement la disparité entre le droit et la réalité dans les pays affectés, j’ai pris conscience de l’importance énorme des initiatives citoyennes dans un environnement de protection juridique inefficace.

Riche de cette expérience, que penses-tu pouvoir apporter à ta communauté ? Peux-tu nous donner des exemples d’initiatives citoyennes qui pourraient être réalisables en Serbie au niveau local ?

D. Cette expérience m’a pourvu des idées qui seront mises en œuvre après la réalisation de mon initiative dont je reparlerai plus tard. A cette occasion, je voudrais expliquer en détail le projet que j’ai envisagé réaliser avant de partir en France: Marchez vers vos droits verts. En coopération avec l’Institut Français de Nis, j’organiserai des ateliers socio-éducatifs qui aborderaient les sujets suivants: la participation et engagement civique des jeunes; l’introduction à la démocratie participative et les trois valeurs de la démocratie verte (solidarité, pacifisme, environnement), le cadre international : l’évolution de protocole de Kyoto à COP21. Les ateliers seraient interactifs, j’emploierais toutes les méthodes et connaissances acquises pendant les séminaires, projets, et conférences de mon engagement civique. Après les sessions éducatives, chaque participant serait encouragé de réutiliser les savoirs et savoir-faire pendant les cours de l’éducation civique dans leurs écoles. Deuxième étape du projet serait la discussion table ronde. Les activistes civique, les enseignants d’éducation civique de lycées, les professeurs de la Faculté de droit, les représentants du gouvernement local ainsi que les étudiants seraient invités à donner son avis sur le sujet „Les droits de l’homme face aux défis de l’environnement, tendances mondiales et perspective locale“. Egalement, l’exposition des photographies faites par les étudiants aurait lieu après les activités mentionnées, photographies qu’ils associent aux sujets abordés. L’activité finale serait la marche intitulée « Marchez droit vers vos droits verts », ou „Hodajte pravo za vase zeleno pravo“ la marche du parc national Tri pesnice jusqu’au centre-ville pour attirer l’attention de la population locale et promouvoir l’activisme et engagement social.
T. Une des choses plus importantes que ce programme m’a montré est la puissance extraordinaire de l’échange des informations. Moi, j’étais choisie comme une des 80 participants, une des deux filles chanceuses de la Serbie qui ont eu l’opportunité de partager la connaissance des jeunes militants des droits de l’homme et protecteurs de l’environnement originaires du monde entier- ce qui me reste maintenant est de transmettre ce que j’ai appris aux mes collègues ici à Belgrade. J’espère que, en leur racontant mes expériences pendant ce séjour ainsi que les exemples pratiques des initiatives citoyennes qui ont eu du succès à l’étranger, je réussirai d’ouvrir un dialogue sur le changement climatique; ainsi, je voudrais les sensibiliser, et en même temps profiter de leur créativité, expertise et optique différente.

A l’approche de la 21ème conférence climat (COP21) en décembre prochain, que penses-tu du rôle du citoyen dans la lutte contre le changement climatique ?

D. Les cas du conformisme et léthargie au niveau citoyen ne sont pas rares à l’échelle locale dans le sud-est de la Serbie et les courants de pensées comme « ce sont des hommes politiques, ceux qui exercent une activité professionnelle en rapport avec les affaires publiques qui sont responsables pour la gestion des problèmes environnementaux ». En réalité, ce sont des initiatives citoyennes qui sont des moteurs qui « font bouger les choses » en voie de développement de sociétés. Pendant le programme LabCitoyen 2015, les participants ont montré des remarquables exemples des initiatives citoyennes qui font preuve qu’en donnant l’exemple aux autres, il est possible de changer la réalité quotidienne. Les exemples sont simples, mais efficaces : la participante russe dont l’idée était qu’il est possible d’utiliser d’avantage le vélo à Moscou a, tout en montrant l’exemple avec son initiative, augmenté l’utilisation de ce moyen de transport. L’exemple de la Chine et de la Tunisie des actions initiées sur des réseaux sociaux peuvent aussi être mises en œuvre en Serbie.
T. Ce que COP 21 s’est mis à faire c’est construire un accord entre plus que 190 pays; Je ne veux pas mettre en doute la compétence des négociateurs, surtout car on a eu l’honneur de parler avec certains parmi eux pendant la durée du programme, mais cela ne sera pas facile d’achever. Même si les citoyens n’ont pas l’opportunité de participer directement dans la prise des décisions, nous avons le droit et l’obligation de lutter pour nos intérêts par tous les moyens possibles- de mettre à profit nos voix, de s’organiser dans les initiatives citoyennes aussi que de s’engager dans le processus démocratique.

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